Disque dur : 7 choses que vous ne saviez pas sur l’écriture et l’effacement des données


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Pour mieux appréhender la récupération de données, il est important de connaître le fonctionnement d’un disque dur en matière d’écriture et d’effacement des informations. Une dimension technique certes, mais instructive sur les bonnes pratiques à adopter pour préserver ses chances de récupérer les données sur un disque dur.

1. Les données, une suite de 0 et de 1

Au fond, c’est quoi des données informatiques ? Toutes les informations stockées sur un disque dur se résument à des 0 et des 1. Chaque chiffre représente un bit, et une suite de huit bits constitue un octet. Un disque dur d’un téraoctet contient donc plus de 1000 milliards d’octets, soit près de 8000 milliards de 0 et de 1 !

En lecture, le disque dur interprète donc cette suite grâce à un algorithme binaire, pour restituer les informations de manière cohérente. Ce principe est le même sur un disque dur mécanique ou SSD.

2. Le revêtement ferromagnétique, la clé du stockage des données

Le cœur du HDD, ce sont ses plateaux qui renferment les informations. Mais comment le disque dur procède-t-il à l’écriture des données ?

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Grâce à l’action de la tête de lecture au contact du plateau, sans toutefois venir le toucher et « graver » des informations comme sur un vinyl ! Elle « vole » à une distance de 10 ou 15 microns, sur un coussin d’air créé par la rotation du plateau (entre 5400 et 10 000 tours/minute).

L’électro-aimant va agir sur le plateau en produisant un champ magnétique qui va dicter un sens pour les 0 et un autre pour les 1. C’est la fine couche de matériau ferromagnétique reposant sur le plateau en aluminium du disque dur qui va permettre d’« enregistrer » cette aimantation.

 

3. Pas d’espace perdu dans un disque dur mécanique

Les têtes de lecture ont atterri sur les plateaux, le moteur est coincé et les plateaux abimés sur le bord. Remplacement du bloc de têtes de lecture nécessaireGénéralement, un disque dur mécanique ne se limite pas à un plateau, et il n’existe pas qu’une seule tête de lecture dans un HDD pour écrire les données.

Dans une optique de gain de place – le souci constant de tout fabricant de composants informatiques – un plateau stocke des informations sur ses deux faces et une tête de lecture est positionnée de part et autre du plateau pour écrire aussi bien sur l’une que sur l’autre face.

Le but : réduire l’encombrement et entrer dans des ordinateurs ultraportables toujours plus slims !

4. Des données sectorisées

Aussi petits soient-ils (2,5 pouces généralement), les plateaux des disques durs n’abritent pas les données de manière anarchique. Ils se découpent en pistes – les cercles concentriques – et elles-mêmes se composent de secteurs. A chacun est associé un numéro et des codes de correction/détection d’erreur.

Lorsque la tête de lecture écrit des données sur le disque dur, il les étale généralement sur plusieurs secteurs. La taille minimale d’un secteur est de 512 octets ; en revanche, les disques durs récents permettent d’obtenir des secteurs de 4096 octets permettant de limiter les déplacements de la tête de lecture et d’augmenter la capacité de stockage.

5. Les données effacées ne disparaissent pas

effacer-des-donnees-informatiquesVous pensiez que les données disparaissaient du disque dur lorsque vous videz la corbeille ? Ce n’est pas aussi simple.

Concrètement, les données sont retirées de l’index, ce qui fait que votre système d’exploitation n’a plus connaissance de l’emplacement du fichier effacé. Les secteurs sur lesquels il était stocké sont à nouveau disponibles pour accueillir de nouvelles données.

C’est seulement lorsque de nouvelles informations sont inscrites sur les mêmes secteurs que les données précédentes sont supprimées.

Cela explique qu’il est possible de récupérer des données effacées d’un disque dur sans intervention en salle blanche. Attention néanmoins à ne pas utiliser un logiciel de récupération de données qui pourrait avoir l’effet inverse et réécrire des informations sur des secteurs stratégiques.

 

6. Formatage bas niveau, la seule méthode pour effacer définitivement les données

Il est néanmoins possible d’effacer définitivement des données sans attendre que de nouvelles informations les recouvrent de manière aléatoire. C’est ce qu’on appelle le formatage bas niveau, à ne pas mélanger avec le formatage classique qui consiste seulement à effacer le chemin d’accès aux données.

Le formatage bas niveau va quant à lui remplir intégralement les secteurs du disque dur de données, ou plutôt de 0 exclusivement. Cela va par exemple permettre de détruire un virus ou des informations confidentielles. Mais cet effacement complet des données prend beaucoup plus de temps qu’un formatage rapide. Compter plus de 2h pour un disque dur de 1 To contre seulement quelques secondes pour un formatage classique !

7. Un cycle d’écriture plafonné sur un disque dur SSD

La mémoire flash obéit à la même logique qu’un disque dur mécanique en matière de disponibilité des informations effacées ; la récupération des données reste possible tant que la cellule n’a pas été réécrite.

La différence fondamentale entre SSD et HDD en termes d’écriture des données, c’est la durée de vie du périphérique de stockage. Un support magnétique n’a pas de limitation dans le temps, alors que la mémoire flash tolère un nombre limité de cycles d’écriture, au-delà duquel il n’est plus possible de réécrire sur une cellule.

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